La Post-Production, le développement, la retouche en photographie
Avant-Propos
Bonjour !
Dans cet article j’explique pourquoi je considère indispensable la post-production en photographie numérique, le développement, nommé souvent à tort « retouche ».
Une opinion certes, mais basée sur ma longue expérience, laquelle a débuté en apprenti photographe en 1975, avec dans l’option du CAP (Certificat d’Aptitude Professionnelle), mon choix sur la retouche d’un tirage papier d’un portrait avec des crayons, oui différents crayons, du plus dur au plus tendre-gras…
Depuis les années 2000, les outils ont changé, avec beaucoup plus de choix, pas toujours plus facile, mais un éclectisme débridé proposé par les fabricants de logiciels, permettant d’obtenir en 2 clics un noir et blanc sépia, alors qu’avec la photographie argentique, il fallait un bain de virage spécial, autre exemple avec le montage de calques, façon millefeuille, pour ajouter du texte, modifier un arrière plan, la richesse des outils pour « interpréter » uen photographie est gigantesque, avec en plus l’arrivée de l’Intelligence dite artificielle.
A chacun ses méthodes, ses objectifs, l’essentiel restera dans le respect de la vérité communiquée à l’utilisateur, au spectateur, au client… au risque de se retouver dans le mur !
Le traitement en post-production, développement photographique
Le développement de ses fichiers en photographie numérique
nécessite à la fois des outils logiciels qu’il faut savoir utiliser un minimum, mais surtout à bon escient, et il faut du temps, le temps étant consacré à traiter le meilleur de ses prises de vues, d’où un tri sélectif rigoureux préalable impératif.
Au temps de la photographie argentique, laquelle n’est pas morte mais un peu en déclin… les mots « développement » et « tirage » étaient couramment employés.
Le développement argentique consistait par exemple (et consiste toujours !) à recadrer au format d’impression du papier sélectionné (13x18cm, 18x24cm etc.) avec un margeur placé sous l’agrandisseur, selon le choix du recadrage et donc selon le format de papier par rapport au format de la pellicule, le ration d’aspect initial de la pellicule, 24mm x 36mm soit un rapport 2/3, 2 hauteurs pour 3 largeurs (laquelle pellicule « subissait » elle aussi un développement dans une cuve). Avec des pellicules ou plaques de dimensions différentes : 6cmx6cm, 6cmx9cm etc.
Le passage de la main sous la lumière de l’agrandisseur pour assombrir des zones trop claires permettait d’atténuer le rendu de ces zones trop claires.
Un plongeon (du papier !) dans un bain chimique permettait un virage sépia par exemple, etc.
Aujourd’hui et depuis les années 2000 environ, la post-production en photographie est le nom qui désigne le développement de ses photographies.
Pour moi le mot « retouche » vient après le post-traitement numérique, et consiste à modifier le contenu du sujet, transformer des yeux marrons en oeils bleu, enlever un personnage etc…
Ce mot « retouche » utilisé par les fabricants a considérablement nuit à la perception du grand public de la grande différence entre l’appareil photographique et l’oeil humain.
Robert Doisneau et Henri Cartier-Bresson sur un toit de la rue de Rivoli à Paris en 1986.
Toit de l’immeuble où habitaient Henri-Cartier Bresson et son épouse Martine Franck, auteure de cette photographie, rare.
Fondation Henri-Cartier-Bresson
Leurs techniques de prise de vues s’opposaient :
Ami et donc confrère de Henri Cartier-Bresson, Robert Doisneau ne partageait pas la même approche photographique.
Quand Henri Cartier-Bresson recherchait la rigueur de la composition et la pureté de l’instant (l’instant décisif selon Henri Cratier-Bresson), Robert Doisneau lui, privilégiait les sentiments et la simplicité, n’hésitant pas parfois à créer des mises en scène, comme dans l’exemple de la fameuse photographie du « Baiser de l’Hôtel de ville », selon les spécialistes de l’histoire de cette photographie. Robert Doisneau était un promeneur observateur contemplateur, attendant patiemment que « la scène se construise » !
Le premier, Henri, était partisan du cadrage parfait dés la prise de vue, alors que le second, Robert, cadrait large pour ensuite choisir le recadrage idéal à ses yeux selon le sujet et le format d’impression papier final. Le format « confortable » car très grand du 6×6 (négatif de 6cm x 6cm) lui permettait ainsi d’obtenir aisément un format rectangulaire, horizontal ou vertical, ou le choix de rester sur du format carré.
Le noir et blanc et les « virages »
Concernant les aspects « colorimétriques », le noir et blanc argentique a connu de nombreux traitements dont les « virages », soit un changement d’aspect du noir et blanc initial (le virage le plus connu étant le sépia, mais d’autres étaient utilisés : virage à l’or, virage au sélénium, virage au cobalt…).
Virages qui se faisaient avec des bains spéciaux, le développement argentique connaissait aussi le passage de la main sous la lumière de l’agrandisseur, ce qui permettait d’atténuer les tons clairs et une fois le tirage papier effectué et bien séché (parfois à la glaceuse) venait le temps de la retouche au crayon sur les portraits… (Mon choix d’épreuve au C.A.P. !).
La photographie argentique connait encore en 2020 quelques pratiquants inconditionnels et boutiques (dont en ligne photostock.fr par exemple et un autre exemple avec la boutique physique l’Imaginarium à Clermont-Ferrand prés de la cathédrale), mais la photographie numérique représente bien aujourd’hui plus de 99% de l’activité photographique globale.
Un ouvrage de référence et relativement récent (2016) de Gildas Lepetit-Castel aux éditions Eyrolles présente « Les secrets de la photo argentique« , seul hic, le livre semble définitivement indisponible, à chercher en occasion.
(Lequel ouvrage et tous les ouvrages devraient comporter le mot photographie en entier et non son apocope, désatreuse, réductrice, et surtout qui ne veut rien dire !).
Les logiciels (très nombreux) ont remplacés le laboratoire, avec toujours la nécessité impérieuse de post traiter / développer ses fichiers numériques, comme avec l’argentique mais avec des moyens différents.
Les logiciels, appelés hélas à tort logiciels de retouche car cela est interprété par les débutants par des modifications importantes du fichier (yeux bleus transformés en yeux marrons par exemple…), demandent soit un temps d’apprentissage en autodidacte relativement long, soit une formation adéquate ou les 2 !
En premier choix, une variation de la couleur au noir et blanc, les 2 versions sont complémentaires, le noir et blanc s’obtient idéalement en post-traitement à partir d’un fichier couleur.
La post-production en photographie numérique
le développement indispensable
Le post traitement ou développement créatif d’un fichier photographie numérique est indispensable, et même obligatoire (…) pour 3 raisons essentielles :
- améliorer, « réparer » les lacunes et faiblesses des appareils photographiques qui ne « reflètent » pas ce que l’œil humain a vu, en gamme dynamique notamment (capacité variable selon les capteurs de restituer une plage de tonalités allant jusqu’au maximum du 100% noir au 100% blanc dans un même image, référence : le Zone System de Ansel Adams et Fred Archer), sans oublier les aberrations des objectifs ou la réduction épatante de l’éventuel « bruit numérique », etc… !.
- se faire plaisir » en obtenant un rendu plus contrasté (souvent obligatoire, car ce curseur là « dynamise » la plupart des fichiers, quelque soit l’appareil… (et avec certains logiciels, utiliser les curseurs « noir » et « blanc » avant le curseur contraste), plus coloré ou en modifiant la température de couleur (fichier raw bien sûr), une autre faiblesse où les APN* sont parfois pris en défaut, après tout qui pourra juger que le ciel n’avait pas cet aspect puisque le personnage amené à critiquer-commenter votre photographie n’était pas avec vous… ! (à condition d’user sans abuser, de ne pas trop pousser les curseurs car une forêt bleue pourra surprendre sauf si ce sont des Schtroumpfs qui regardent la photographie…). Et quand bien même vous souhaitez une forêt bleue c’est votre liberté totale de créateur, c’est votre droit, non mais !
- redimensionner, recadrer, ajouter des métadonnées, apposer un filigrane éventuellement, toutes les opérations indispensables pour l’impression papier, la diffusion internet, une exposition etc.
* Appareils photographiques numériques.
Logiciels de post-production
Des informations et du choix dans mon article dédié aux logiciels sur mon site Formation-Photo-Auvergne
quelques exemples de logiciels photographie pour le traitement en post-production, développement de vos fichiers
Chronologie de l’apprentissage photographique
Ou : comment progresser en qualité photographique
Ceux qui ne travaillent pas leurs fichiers numériques par manque de temps et/ou de connaissances c’est compréhensible, ceux qui ne travaillent pas leurs fichiers numériques par « état d’esprit » c’est leur droit, mais ils passent à côté d’une étape (ré) créative tellement joyeuse, riche en solutions et en diversités de présentations !
Selon moi, la pratique de la photographie comprend 4 étapes :
- connaitre, assimiler le fonctionnement technique d’un appareil photographique selon les fondamentaux de la photographie et les accessoires optionnels qui vont avec (filtres, flash, trépied…),
- une fois les connaissances techniques acquises (ou en symbiose pratique avec le point ci-dessus) : acquérir, perfectionner sa démarche artistique, le côté créatif, le plus important sans aucun doute !
- trier, développer, user de la post-production en photographie numérique, et avec quelle (relative) facilité et praticité côté informatique !
- vient la touche finale : présenter ses photographies en tirages papier, photographies encadrées, en livre album, sur supports rigides (alu, forex, plexi…), en supports ludiques à s’offrir ou à offrir : cartes postales, marque pages, puzzles… en exposition(s), avec les précautions rattachées à la propriété intellectuelle, laquelle vaut aussi pour une pratique amateur, j’évoque cet aspect dans un autre article : le droit d’auteur.
Je traite dans mes formations à la photographie plus particulièrement des 2 premières étapes, tout en communiquant des informations utiles pour les 2 dernières étapes (Formation-Photo-Auvergne)
Un exemple tout en bas avec la même photographie déclinée en 3 versions (il s’agit d’une post-production légère), chacun aura sa préférence, j’aime les 3 et je les ai imprimés en A3 puis affichés dans mes murs, collées tout simplement avec des sticks velcro de chez 3M ou autre (patafix = beurk) et ça me plait vraiment, chaque fois que je vais dans ce « recoin » quelques minutes, après tout on expose où l’on peut ce que l’on veut !!!
Certains logiciels permettent les presets (pré réglages automatiques), il existe un passionné fou de ces presets (fou dans le bon sens, leur création, utilisation et bien sûr leur vente), c’est Serge Ramelli !
(D’autres exemples dans ma galerie photographie Nature)
Le site Français de la photographie haute résolution : galerie-photo.com
Un autre article sur : l’Intelligence artificielle et la photographie.
Aux Rencontres de la photographie d’Arles, en 2019 (j’y étais !), combien de photographes exposaient leurs photographies directement issues du capteur ?! Voilà une bonne question, pour laquelle je n’ai aucune réponse…
Article du 27 janvier 2020, mis à jour le 28 octobre 2024, dernière mise à jour le 5 avril 2026.
Le choix dans les variations.






















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